La petite chronique de KM (1): La peine de mort


Aujourd´hui dans la petite chronique de KM la peine de mort!

La mort est une réalité bien triste. C’est toujours avec peine et grosse amertume qu’on voit quelqu’un s’en aller en réactivant des souvenirs de toute une vie partagée ensemble. Mais il faut se rendre à l’évidence, pour beaucoup, la mort est un business. On pourrait penser que ce phénomène ne se manifeste que de nos jours avec le capitalisme et ses revers, mais on se méprendrait gravement. La mort survient dans le « mythe » de la création après la désobéissance d’Adam et Eve à Dieu. Remarquons si elle n’existait pas, Dieu aurait été fâcheusement embêté ; il n’y aurait plus de jugement dernier et les hommes n’auraient plus eu à le craindre.
Et les hommes quant-à-eux ne manquent pas d’ingéniosité pour rendre la mort moins triste, soit en la rendant plus spectaculaire, soit en la rendant plus ‘digne’. Les métiers de cascadeurs, parachutistes et les sports extrêmes témoignent de ce désir prononcé de ceux-ci d’apprivoiser la mort en la tutoyant chaque jour un peu plus. Alors ils ne manquent pas de zèle à se mettre dans des situations périlleuses et à rendre son environnement chaque jour un peu plus hostile pourvu qu’il soit plus dangereux ; pourvu tout simplement que quelqu’un meure. Alors il se pose la question de savoir quand et comment l’homme rencontra la mort et comment elle a servi ses desseins.
Les origines de la mort ne peuvent être démontrées scientifiquement alors nous nous contenterons de la Bible. Tout aurait commencé par Cain, qui je présume, attristé par la condition des pierres a voulu donner un sens à leur existence alors il en lança une en direction de son frère Abel qui devait certainement se trouver là par hasard et celui-ci perdit regrettablement la vie. Depuis lors, la condition des pierres s’est améliorée. Du jour au lendemain elles étaient devenues indispensables. On en avait besoin pour châtier et punir quelque pauvres hommes et femmes qui expérimentaient leurs différences en adulte, d’où l’adultère.
Cependant, les pierres endommageaient sérieusement le corps des victimes et les hommes ont du se demander s’il était vraiment digne de châtier leurs semblables de la sorte. Une alternative fut trouvée chez certains peuples et elle consistait à attacher une grosse pierre aux contrevenants de la loi avant de les jeter, pieds et mains liés, à la mer. Il ne fallait ensuite qu’espérer qu’ils soient marins pour avoir une mort digne. Mais les Sahéliens, les Touaregs et tous les autres peuples du désert étaient d’un autre avis (c’est pas comme si ils avaient beaucoup d’options aussi). Ils préféraient la bonne vieille méthode de Caïn.
Mais l’âge d’or de la pierre fut de courte durée. Les hommes avaient inventé le fil et ils en ont fait des cordes. Il allait donc de soi que l’industrie de la mort en profite ; c’est une industrie, vous pourrez le constater un jour, qui ne connait jamais la crise et qui est très patiente ou pas lorsqu’il s’agit de se faire des sous sur votre corps.
Avec les cordes, le champ lexical de la mort s’est agrandi avec de nouveaux mots tels que pendre, pendaison et mots de même famille ainsi que écartèlement et son verbe écarteler. Pour les pervers qui dans des grands écarts voient toujours quelque chose de positif, aller chercher le sens de ce verbe.
Et un jour, l’Homme découvrit le fer et commença à le travailler ; la peine de mort n’a depuis lors pas manqué de fantaisie. On forgeait des haches pour décapiter les coupables ordinaires et des épées pour les nobles. Les bourreaux devaient certainement se réjouir de pouvoir traiter à leur humble niveau des rois des reines avec la plus grande distinction mais il arrivait parfois qu’ils manquaient de trancher avec précision le condamné. Alors l’Homme, l’artiste inventa la guillotine. C’était révolutionnaire, précis et on n’avait même plus à regarder le passager (haha nous roulons en guillotine) avant de l’exécuter. Une petite pousse sur un levier et le travail est fait.
Malheureusement les armes à feu vinrent tout gâcher. Les leviers étaient maintenant des gâchettes et les balles laissaient plein de de trous partout, un peu comme avec les pierres. Alors l’Homme, le physicien, eu un coup de génie. Il découvrit l’électricité et on salua la chaise électrique. On avait à nouveau notre levier et de nouveau, on n’avait plus à regarder la victime pendant son exécution. La peine de mort retrouvait toute sa poésie. On a cru qu’il s’arrêterait là, mais non, l’Homme, le perfectionniste voulut maintenant simuler la mort naturelle et il inventa l’exécution par gaz et regardait derrière une vitre le fruit de ses prouesses. Mais cette nouvelle prouesse n’était pas sans risque ; imaginez que du gaz s’échappe et que tout le monde écope de la punition réservé à un bandit. Il fallait donc penser à quelque chose de plus personnelle. J’imagine déjà la pub pour une exécution personnalisée, les phrases du genre: « jamais dans votre vie vous ne serez aussi bien exécuté » ou « soyez sûrs d’être exécutés en toute confiance ». Bref ! L’Homme, le bienveillant, inventa la mort par injection. Mais je sais que l’Homme, le futuriste ne s’arrêtera pas là. Il va falloir compter avec des tags et des notifications morbides à l’avenir où tout simplement une exécution par sms ; quoiqu’en Amour cela existe déjà, mais ça, c’est un autre sujet….

KM

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