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Poème: La terre des hommes (de KM)

La terre des hommes.

Des théories et des Hommes

Des théories et le monde

Le monde et ses hommes.

 

L’histoire, la femme et une terre féconde

De femmes premières et maitresses

D’hommes forts inactifs

D’un fruit d’un appétissant nocif

À eux donné par la traitresse.

 

Des histoires d’hommes

Trop lâches, trop bonhommes

Autoproclamés maîtres et gardiens du monde

Ces Juges, bourreaux et pourtant mauvais élèves

Ont décidé que la pomme d’Adam soit le péché d’Eve

 

Histoire d’un sexe fort et de l’autre opprimé

D’un « sexocentrisme » naïf et des femmes á tort sous-estimées

Mythe d’un être « inférieur » voué á la soumission

Qui aurait imposé sa volonté au gardien de la création.

 

La terre des hommes, la terre des couleurs

Des mers cruelles et des hommes de douleur

Des histoires de conquête et des souvenirs de malheur

D’être si sombres ne pouvant émaner du créateur

 

Histoire de découverte et de nouvelles terres

Destruction de société et de valeurs séculaires

Récit d’êtres travailleurs et de la race « supérieure »

D’un peuple amnésique de ses embarcations meurtrières

 

Des histoires d’Hommes Trop fiers de leur culture hellène

Autoproclamés gardiens, conscience et êtres prémiums

Ces juges, bourreaux et pourtant mauvais élèves

Continuent de sévir sur la terre des Hommes d’ébène

 

L’histoire de l’Homme, une histoire manipulée

Des faits travestis et des leçons oubliées

Leurs conséquences minimisées et les vraies causes savamment ignorées

Une mémoire sélective et des actions calculées

 

Une mer assoiffée du sang des réfugiés!

KM

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Poème: Desaveu d´amour (de KM)

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Je ne peux pas te promettre

De t’aimer maintenant et pour toujours

Á tes yeux je refuse d’être un traitre

Qui trahit en surestimant son amour

 

J’aimerais tellement que d’or tu sois vêtue

Sans que notre avenir et notre histoire je ne ruine

Mais si je te promettais la lune

Honnêtement, me croirais tu ?

 

Je n’ai que des mots pour t’aimer

De la façon la plus vraie qui soit

Des maux que je pourrais joyeusement endurer

Si j’avais la certitude que tu resterais avec moi

 

J’aurais fait de toi ma compagne

Si les Hommes étaient moins hypocrites

Et si ma foi avait déjà déplacé des montagnes

J’aurais cru pouvoir t’aimer pour toujours, mon Aphrodite.

 

Je ne puis t’aimer que comme un homme

KM

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Poème: Heureux…mais pourquoi? (de KM)

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Je suis beaucoup trop heureux

C’est inquiétant je ne l‘avais pas planifié

Que me vaut-il d’être aussi chanceux ?

Ô moi ! Ô moi á quoi pourrais-je me fier ?

 

Il y a encore tellement de choses à faire

Et le bonheur est un piètre moteur

Qui me fera avancer avec extrême lenteur

Á priori anodin, je n’arrive pourtant pas á m’en défaire

 

Je vous maudis, vous, mes amis

Qui chamboulez mes plans avec votre bonne humeur

Je hais ces filles nubiles aux seins destructeurs

Qui à mes plans lancent un imbattable défi

 

Moi qui ne recherchais que la conformité statistique

Suis obligé de me réjouir á l’improviste

Ma volonté se révolte mais mes mouvements restent statiques

Devant ces impétueuses péripéties qui me font changer de piste

KM

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Poème: Tu me rends si faible! ( de KM)

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Comment ose-t-elle poster sans prévenir ?
Des idées me viennent, me troublent sans repartir
Le regard hagard et l’air un peu débile,
Je ne peux me lasser de cette image, dans ma mémoire, indélébile

Pourquoi remet-elle en cause ma foi et une relation si ardemment construite ?
Serait-elle le diable, pauvre de moi, ma réalité est déconstruite
Mes sens, très éveillés, tendent vers la folie
Tant mon désir de résistance par son décolleté est démoli

Elle fait danser mon orgueil au rythme de ses mouvements
Et ses pas tirent sereinement les ficelles de mes pensées
Comment vaincre des formes si divinement agencées
Lorsque chaque son qu’elle émet est un enchantement ?

Seins, ô sein qui m’a nourri,
Pourquoi fais-tu de moi un homme si faible, á ta vue déjà conquis ?
Mon corps jubile, mon âme décrie l’abus
Quand une photo d’elle le matin a l’effet d’un obus

KM

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Poème: En Eaux troubles (de KM)


En eaux troubles

Rendez-moi mes rêves et mes illusions
La connaissance ne m’a rien apporté de bon
Rendez-moi mon monde virtuel, ma solution
Hypocrites, je suis las de vos leçons

Mes peines et mes malheurs rendent mon existence supportable
Profitez alors de mes innombrables moments de fou rire
Ces camouflages qui rendent mes cris imperméables
Ne laisseront jamais couler mes larmes, jamais supposer le pire.

L’avenir est un brouillard que nourrissent mes plus grands désirs
Et j’y vois plus clair quand je nage en eaux troubles
Et les lianes qu’on me lance pour m’en sortir
Sont en fait de venimeux serpents à têtes doubles

Pourtant j’aime vivre, car chaque battement de cœur fait mal
Ma douleur m’accompagne et me maintient en éveil
Fidèle comme un chien, vorace tel un chacal
Elle se charge de mes cauchemars heureux et me programme un nouveau réveil.

Mais lorsque ce qui me rend vivant ne peut me faire survivre
Et que ce qui me fait vivre m’efface
Le gouffre se rapproche au pas de mes joyeuses frasques
Et à chaque moment de bonheur, j’attends patiemment le coup de grâce

Le soleil me projette des ombres dont je ne peux me défaire
Alors on me dit que je suis noir, donc je dois m’y faire
Les préjugés me vampirisent, normal que j’avance dans l’obscurité
De peur de recevoir trop de lumière et de voir mon âme déchiquetée

Alors rendez-moi mes rêves et mes illusions
La connaissance ne m’a rien apporté de bon
Rendez-nous nos danses, notre histoire et notre mémoire
Vous qui à chacune de nos lancées d’espoirs, attendez joyeusement au rebond

K.M

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Poème: L´ agonie d´une mère (de KM)

Salut à tous après une longue pause, l´auteur KM nous offre ce poème aussi beau que triste. Bonne lecture!

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L´agonie d´une mère

Pars mon fils! Il n´y a rien pour toi ici

De toutes mes prières je t´accompagnerai

Je regrette de devoir te le dire ainsi

Pars, à ton retour je te ferai ton repas préféré

 

Nos discussions au coin du feu peuvent attendre

La vie ne nous a pas fait de cadeaux

Alors pars et obtiens ce qu´i l y a à prendre

Je penserai à toi, la calebasse sur la tête et ton petit-frère au dos

 

Ignore mes larmes, je suis heureuse pour toi

Hier encore, tu jouais sous la pluie

Les yeux remplis d´aventures au clair de la lune, le soir

Pourront enfin se rassasier loin de tous ses bruits

 

Hier encore je te tenais dans mes bras

Ignore cet aire triste sur mon visage, je suis juste nostalgique

Hier encore je te tenais dans mes bras

Hier encore tu étais dans mes bras

 

Pardonne-moi, je ne veux pas rendre plus triste

Ce qui est juste un aurevoir…n´est-ce pas ?

On se reverra, bien sûr qu´on se reverra

Désolée si ta vieille mère te rend triste

 

Mais quoiqu´il en soit, je suis très heureuse mon enfant

Nous vivons des temps incertains et tu dois saisir ta chance

Pardonne-moi les manques te frustrations de ton enfance

Pars et reviens nous un homme important

 

Tu iras là où tes ancêtres n´ont pas vécu

Là où l´on ne comprend rien à nos danses

Là où le droit d´aînesse a été déchu

Là où les rues sont étrangères au droit de l´enfance

 

Arme-toi de courage et pars

Là où les gens se perdent devant tant de chemins

Pars et ne t´oublie pas

N´oublie pas ta mère qui t´aimera à jamais

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Chronique sur la réligion ou Eugbuéfi Ezeudu (de Atobé Kouadio)

Hier David So gratifiait les lecteurs de son texte de dénonciation « Quelque chose va se passer ». Dans la même veine c´est aujourd´hui au tour de Atobé Kouadio avec son texte sur l´interaction de la réligion et la culture ou plutôt sur l´influence de la culture sur la réligion de livrer sa réflexion de nous faire part de ses réflexions

Vous voulez en savoir plus? Alors la rédaction vous invite à lire, à vous faire votre propre idée et surtout à réagir en laissant des commentaires.

La rédaction


Eugbuéfi Ezeudu

(…)

Mais Euzeudu n’était pas superstitieux comme la plupart de ces amis. S’il osait questionner l’existence de Dieu, ce n’est pas à celle des sorciers qu’il accorderait du crédit. Euzeudu n’était pas athée non plus. Il croyait en l’existence d’une transcendance, peut-être de plusieurs. Mais il récusait d’une part l’appellation de « Dieu » qu’il mettait au compte de la civilisation gréco-romaine fortement marquée par la culture judéo-chrétienne, et considérait toute forme de religion comme une arme  culturelle. Il percevait donc toute propagation religieuse comme de l’impérialisme culturel. Aussi était-il convaincu que chaque cercle culturel avait une cosmogonie propre à elle. Et chaque cosmogonie s’accommode bien évidemment des réalités culturelles des peuples. Il considérait donc chaque religion comme une approche  culturelle du monde.   Il considérait par conséquent l’Islam et le Christianisme comme des  produits culturels du Proche-Orient ; le Christianisme s’étant propagé à travers la civilisation gréco-romaine, il a épousé des traits de cette culture, tandis que l’Islam a pris des couleurs de la culture arabe. C’est ensuite par des conquêtes impérialistes et colonialistes, parfois sanglantes que ces religions se sont propagées à travers le monde et se sont incrustées dans les habitudes culturelles d’autres peuples. Ces religions ne devraient en fait ni être considérées comme étant supérieures aux pratiques culturelles religieuses des territoires conquis ni comme les seules vraies religions qui seraient les seuls voies d’accès à la transcendance ou aux forces de la nature. Si ces religions ont réussi à s’imposer, ce n’est pas grâce à leur force spirituelle intrinsèque mais par le bras armé et la diplomatie religieuse des cultures qui en ont fait le porte-étendard de leur conquête impérialiste. Cette conviction d’Euzeudu ne se limitait pas qu’à l’Islam et au Christianisme, mais concernait selon lui toutes les religions. Si certaines religions ne se sont pas répandues au-delà de leur cercle culturel originel, c’est certainement soit  parce que les cultures dont elles sont porteuses n’entretenaient aucune velléité impérialiste ou bien qu’elles n’en avaient pas les moyens. Euzeudu s’intéressait cependant plus à l’Islam et au Christianisme parce que ces deux religions sont celles les plus répandues dans son pays, et également celles qui selon lui avaient fait le plus de mal à son continent, aussi bien au sens propre que figuré. Au sens propre, il savait (et tout le monde le sait d’ailleurs) que chacune de ces religions sont tâchées non seulement du sang de ces ancêtres, mais également de celui de millions d’autres êtres humains à travers le monde entier. Elles avaient également constitué le bouclier des puissances coloniales et impériales qui ont pillé le matrimoine et piétiné avec plaisir et mépris la vie de milliers d’hommes et de femmes à travers le monde. Les exemples sont légions. En ce qui concerne le Christianisme, il suffit de lire l’adresse de Léopold I au sujet de la colonisation belge pour comprendre comment cette religion a servi la soumission du bassin du Congo. Euzeudu, dans ses interventions sur ces deux religions, n’était pas du tout tendre. Il en était parfois même venu à les considérer comme des religions sanguinaires et foncièrement négationnistes, qui essaient de se refaire une nouvelle renommée glorieuse, comme une femme qui cherche à se refaire une nouvelle virginité après avoir perdu son premier pucelage. Il s’étonnait que certains de ces concitoyens avaient une peur bleue pour les sorciers, prétendus mangeurs d’âmes, et n’affichaient curieusement aucune crainte envers ces religions, qui, au-delà de toute exagération, ont littéralement broyé l’âme de leurs propres cultures et continuent de s’en délecter avec un appétit insatiable. Ces religions vous dépouillent de tout, même de votre identité, pensait-il. Il constatait avec une amère désolation que lui et ses concitoyens, bien que n’ayant aucun lien avec ces cultures lointaines, portaient tous fièrement des prénoms arabes et judéo-romains, auxquels on n’a fait porter les manteaux dénominationnels chrétien et islamique. Il se demandait pourquoi est-ce que les peuples ne pouvaient tranquillement pratiquer ces religions en gardant leur identité. Et pourtant la réponse lui semblait assez simple : toute religion est une arme culturelle. Les religions se répandent en tuant les pratiques culturelles contraires et imposent de nouvelles cultures. La religion chrétienne par exemple s’est révélée comme l’arme fatale du colon blanc contre l’Africain noir et contre plusieurs autres peuples qu’on traite d’indigènes. Cette appellation d’indigènes, on en fait d’ailleurs un usage outrageusement arbitraire, pensait Euzeudu. Pourquoi continue-t-on de nos jours de traiter certains peuples d’indigènes tandis que les Européens, Américains, Chinois, Russes, bien qu’ils sont de nos jours les populations issues de leurs différents territoires, ce qualificatif ne leur est jamais appliqué ? Ce genre de réflexions soumettait incessamment son esprit à leur taraud. Ainsi se demandait-il se demandait-il également pourquoi l’on parlait très souvent d’Afro-américains ou d’Américains noirs sans jamais parler d’Euro-Américains.

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Pour revenir à  la religion, Euzeudu s’interrogeait parfois avec beaucoup d’amertume sur l’appropriation par les « néoafricains » de la religion des peuples qui leur ont imposé leur culture par le biais de la religion ou l’essaient encore. Ils vont jusqu’à renier leur identité en se donnant des noms tirés de ces religions injurieusement dites révélées. Quant à ceux qui n’en ont pas reçu à leur naissance, ils se font rebaptiser, c’est-à dire qu’ils s’octroient sans aucune vergogne des noms tirés des livres saints de ces religions en remplacement de leurs noms ethniques ; le comble, c’est qu’ils le font avec un zèle et une fierté déconcertants ! De toutes ces religions importées, Euzeudu considérait la religion chrétienne comme celle qui avait fait le plus de mal à l’Afrique, allant jusqu’à lui ôter son âme ! Il appréciait cependant ce peu de liberté qu’elle a fini par laisser aux peuples de la pratiquer dans leurs propres langues. Ainsi plusieurs peuples ont adapté les personnages bibliques à leurs différentes langues.  Euzeudu était toutefois très triste de savoir qu’à la différence des Africains noirs, presque tous les autres peuples du monde ont adapté les noms bibliques à leurs réalités linguistiques ! Il n’y avait que lui et ses compères, eux qui apparaissaient désormais aux yeux du reste du monde comme un peuple exclusivement consommateur de biens importés, qui portent des noms tirés d’autres cultures. Oh peuple à l’âme et à la conscience culturelle étrillées ! Ruminait Euzeudu.

Quant à la religion musulmane, Euzeudu la considérait comme celle disposant du plus grand moyen de domination culturelle, précisément la langue, qui demeure le tout premier facteur culturel. Non seulement comme le Christianisme, l’Islam contraint ses adeptes à porter des noms tirés du coran, mais il impose également l’usage exclusif de l’arabe dans la pratique religieuse. Les peuples africains auxquels l’Islam a été imposé, ont toutefois réussi, contrairement aux chrétiens africains qu’il s’amusait parfois à traiter de crétins, à adapter ces noms d’origine arabe. La modification de ces noms et leur adaptation aux et selon les réalités linguistiques s’avéraient cependant, selon Euzeudu, malheureusement nuisibles à la conscience historique de ces peuples, car désormais ils oubliaient l’origine de ces noms. Certains de ces noms d’origine arabe, dont l’orthographe ou la prononciation a été légèrement modifiée, sont aujourd’hui, par ignorance, considérés par de nombreuses personnes comme des prénoms africains. À ce sujet, Euzeudu citait toujours avec un sourire mesquin l’exemple de son ami Euzeugnan, qui lui expliqua avec fierté que sa fille Mariam portait un prénom africain. Ah le pauvre, si seulement il savait ! Se dit Euzeudu.

Il précisait toujours à ses détracteurs que son objectif n’était pas de jeter l’opprobre sur quelle que religion que ce soit. Cependant, s’agissant des prénoms chrétiens, Euzeudu considérait que personne ne devrait porter des noms dont l’origine culturelle est très éloignée de sa propre culture. Aussi, disait-il, ce n’est quand même pas un prénom qui rendrait un individu religieusement correct.  Il ajouta également  que le nombre de personnes portant des noms de « Saints », et dont la vie ne reflétait du tout celles des « Saints » dont ils portaient les noms était légion. Concernant les musulmans, pas seulement ceux d’Afrique, Euzeudu estimait qu’ils pourraient se donner moins de mal dans leur pratique religieuse en s’adressant à Allah dans la langue qu’ils maîtrisent le mieux. Car « Dieu » serait censé être omniscient. « Si l’on part de la prémisse qu’il a créé toutes les langues du monde, il est alors évident qu’il les comprenne toutes ! », disait fièrement Euzeudu.

Aussi considérait-il le phénomène des noms bibliques ou islamiques comme une grosse arnaque. À son avis tous ces noms que l’on retrouve dans le Coran ou dans la Bible sont comme ces religions, des produits culturels. Ils sont en réalités soit des noms arabes ou judéo-romains. C’était inconcevable, à son avis, que ces noms puissent revêtir une importance autre que leur sens originel. « En fait, ces noms précèdent la religion », disait-il. « Il est donc aberrant qu’on veuille leur attribuer une importance religieuse », ajoutait-il. « Mohamad, s’appelait déjà ainsi avant qu’il ne reçoive la révélation, son père Abdallah, sa femme Khadija, et tous les autres personnages coraniques également ». Il argumentait également ainsi au sujet des noms des personnages bibliques. « À l’exception de Jésus, dont le nom aurait été prescrit par l’archange Gabriel, tous les autres personnages de la Bible portaient des noms ordinaires antérieurs à la religion. Ces différents noms qui apparaissent dans la Bible ne sont en fait, rien d’autre que des noms issus de la culture hébraïque, qui elle précède le Christianisme. Ces noms ne sont par conséquent pas de noms chrétiens mais essentiellement hébraïques ». Euzeudu parlait de toutes ces choses avec beaucoup de passion.

Bien qu’Euzeudu affirmait ne pas être athée, il aimait cependant discuter l’idée de Dieu, la remettant généralement en question. Il avouait cependant qu’il n’était pas aisé de discuter de Dieu, non pas parce qu’il serait insondable comme le disent les religions révélées, mais parce que le concept s’inscrit dans un paradigme, qui consacre l’idée de Dieu. Tant que l’on s’inscrirait dans le paradigme de ces religions, l’on ne saurait remettre en question l’idée de Dieu.

Euzeudu aimait s’instruire. Il avait fini par découvrir, dans ses lectures, l’étymologie du terme « dieu ». Partant de cette étymologie, il disait donc avoir découvert que la religion chrétienne était en fait une invention humaine, comme l’est d’ailleurs toute religion. L’histoire de Jésus qui constitue le « mythe fondateur » de la religion chrétienne serait, selon lui, en grande partie inspirée de la mythologie grecque, précisément du mythe de Zeus et de son fils Prométhée. En effet, comme tout le monde le sait, la mythologie grecque compte plusieurs divinités, dont Zeus reste le plus puissant. On pourrait ainsi le décrire comme le « chef » des divinités, ou encore comme la « divinité divinités » Le terme « dieu » renvoyant étymologiquement à Zeus, l’idée de Dieu est une reprise de l’idée de Zeus, en fait l’idée de la divinité au dessus de toutes les autres divinités dans la mythologie grecque. Euzeudu disait donc avoir compris, pourquoi « Dieu » était présenté comme « le Dieu des dieux ». L’idée de « dieu » étant l’idée de Zeus, « Dieu », dans ce paradigme gréco-romain d’inspiration hébraïque, ne pouvait donc qu’être au-dessus des autres divinités. C’est certainement dans cette logique que les peuples de civilisation gréco-romaine dans leur élan impérialiste de domination culturelle, en s’imposant comme « les peuples les plus puissants », ont également jugé impératif d’imposer « Dieu » ou encore Zeus, la plus puissante divinité de leur civilisation.

Pour Euzeudu, croire en « Dieu » était donc synonyme de croire en Zeus, son inspiration culturelle et étymologique. Il considérait également que l’idée de Jésus que la Bible fait venir dans le monde pour apporter la lumière et le salut aux humains n’était rien d’autre qu’une paraphrase du mythe de Prométhée, de même que l’idée de «Dieu »,  le père du Christ n’était qu’un concept inspiré de Zeus, le père de Prométhée. Euzeudu qualifiait de cynique le fait que la Bible condamne l’idolâtrie. Car pour lui, si l’on devrait considérer tout culte des divinités comme de l’idolâtrie, le Christianisme serait lui-même une pratique religieuse idolâtre. Il répétait d’ailleurs incessamment que c’est une idolâtrie idéalisée que les « promoteurs » du Christianisme, dans l’idéologie impérialiste de la culture que sous-tend cette religion,  tentent d’universaliser aux détriments d’autres dogmes qu’ils présentent comme de l’idolâtrie, comme la « mauvaise idolâtrie », en quelque sorte.

(…)

Atobé Kouadio

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Vers en prose (de David So): Quelque chose va se passer: C’est faux ! Il ne va rien se passer.

A l’église de ma mère, enfin à l’église où ma mère communie avec Dieu,
On chante très souvent : « quelque chose va se passer ».
En effet, on attend que quelque chose se passe,
Pour être plus pragmatique, qu’un miracle se produise.
 
Les jeunes filles, après avoir usé de leur beauté
Pour se procurer un leurre matériel, chantent de tout cœur,
Car elles recherchent à présent l’onction de mariage.
Les autres, eux, recherchent la richesse, le bien-être social etc…
 
On chante d’ailleurs ce cantique dans toutes les églises en Côte d’Ivoire.
Ca ne nous intéresse pas de savoir si « l’esprit de Dieu »
Se manifeste au sein de ces églises.
On ne sait pas si ces gens qui tremblent et parlent d’autres langues
 
Sont animés de l’esprit saint ou jouent de la comédie.
On ne peut d’ailleurs pas vérifier. C’est de l’agnosticisme.
On ne sait pas aussi si Dieu peut brusquement changer la vie d’un fidèle,
Justement après ce cantique, c’est-à-dire le rendre riche,
 
S’il est  très pauvre ou le rendre hyper intelligent, s’il est paresseux.
On ne sait pas si, aussi soudain, Dieu peut le changer, surtout sans sa contribution.
Dans tous les cas, cela demeure abstrait
 Et on ne peut pas le démontrer scientifiquement.
 
Si nous sommes pourtant certains de quelque chose,
C’est que rien ne va se passer. Rien ne va changer.
Seul le fidèle peut « se changer », car il est libre
De faire et devenir ce qu’il veut.
 
Ce beau cantique souvent accompagné de guitare,
D’orgue puis de claquement de doigts ne changera rien.
Analysons le problème d’ailleurs de plus près.
Si le fidèle est trop pauvre, comme tel est généralement le cas,
 
S’il n’a pas d’emploi car n’a aucun diplôme
Ou bien parce que son pays est corrompu
Ou même simplement s’il n’a pas à manger à la maison,
Sa situation restera la même.
 
 
Même après avoir chanté « quelque chose va se passer »,
Il ne se passera rien, car il n’aura pas de diplôme sur le champ.
Par conséquent, il n’aura pas d’emploi.
Il restera donc pauvre et il n’y aura pas de calebasse pleine de riz et de viande.

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Il va se consoler à l’idée que son âme sera sauvée
Et que les pauvres sur la terre
Seront les plus riches dans le royaume des cieux.
Quand il sortira du temple, après même avoir chanté « quelque chose va se passer »,
 
Il sera forcé de regarder, admirer puis convoiter
Toutes ces belles filles presque nues qui circulent dans la rue,
S’il ne l’a pas déjà fait au sein de l’église.
Il se sentira faible et attiré.
 
Il aura, pour un chrétien, des pensées impures, ignobles, sales et nocturnes.
Il ne pardonnera pas, ou peut être après quelques heures d’euphorie,
A quiconque le piétine. Il a tremblé, crié, prié en langue,
Chanté « quelque chose va se passer » pour rien.
 
Apparemment, il reste le même. Il ne change pas.
Il est faible et vulnérable. En plus, il est irresponsable
Et ne comprend rien. Et pourtant,
Tant qu’il ne comprendra rien, il ne changera pas.
 
Des femmes ont engendré des problèmes au sein de leurs couples,
Entrainant souvent même le divorce. Leurs maris,
Epuisés par une longue semaine de travail,
Auraient souhaité être en leurs compagnies.
 
Elles, pourtant, ferventes servantes, restèrent et servirent l’église
De six à dix-huit heures. Pour les unes,
On les suspectait de coucher avec le pasteur.
Car même hormis les cultes, elles restaient à la disposition des pasteurs.
 
Les autres, elles, avaient oublié leurs devoirs en tant que femmes et mères,
Oubliant de veiller sur leurs maris et leurs enfants.
Elles étaient même allées plus loin.
L’argent que leurs maris leur avaient laissé en vue de se rendre au marché,
 
 
Après l’église, acheter des vivres, afin que toute la famille
Puisse se réunir autour d’un plat, s’est vu dans les poches du pasteur,
Après le cantique des offrandes « quelque chose va se passer ».
Non seulement, elles laissèrent leurs maris et leurs enfants dans la faim.
 
 Mais le comble, c’est qu’elles ont cru qu’elles recevraient le double à la sortie de l’église,
 Car on avait justement cité des références bibliques qui promettaient de telles âneries.
 Leurs maris, se fâchant, leur interdisant d’aller à l’église,
 Ou même radicalement demandant de choisir entre Dieu et eux,
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 Etaient désignés, selon le pasteur, de persécuteurs, de  possédés, de Satan.
Les pauvres qui aimaient leurs femmes ont été diabolisés.
Même s’il y’a de quoi à douter, la question ne se pose nécessairement pas
 Au niveau de la véracité de la religion et de Dieu.
 
C’est la pratique et la conception dans les pays colonisés du tiers monde qui,
Dans tous les cas, ont besoin de réformes.
Les missionnaires européens, qui ont inventé le christianisme,
Les juifs qui ont vécu avec le Christ ne sont pas si zélés.
 
Mais ouvrez donc les yeux ! Si croire en Dieu est une bonne chose,
La croyance en soi est indispensable pour le changement,
L’épanouissement et la liberté. Ce n’est pas en chantant qu’on devient libre,
Car en réalité, c’est la liberté financière, sociale, spirituelle, psychologique
 
Qu’ils recherchent quand ils chantent « quelque chose va se passer ».
En plus, ils ne comprennent rien.
Ils chantent et rien ne se passe.
 Il ne se passera donc jamais rien.
 David So
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Nouvelle: Tu n´es pas le père de mon enfant (de Symphonie)

Après un long silence de la rédaction, nous voici de retour avec une nouvelle 
palpitante de Symphonie. Nous vous invitons à la savourer et n´oubliez surtout 
pas de nous laisser vos commentaires, vos impressions,...

Bonne lecture

Nouvelle: Tu n’es pas le père de mon enfant

Cher Salomon,
Depuis hier tu sais que je suis enceinte. Tu as dansé de joie, tu m’as couvert de baisers et surtout tu m’as fait l’amour comme à une reine. Dans ton entreprise tout le monde sait que je suis enceinte, je le sais parce que ta secrétaire m’a félicitée dans la journée quand j’ai appelé pour te parler. Mais pendant que tu ouvres cette lettre, tu te rends que compte mes affaires ne sont plus dans la chambre et que je suis partie. Alors tu vas te demander pourquoi ? C’est normal, tout allait si bien, dans 4 mois, on allait être les parents les plus heureux du monde avec ce bébé que tu appelles déjà mon trésor. Pourquoi je m’en vais donc, alors que ce matin, je t’ai dit au revoir avec un doux baiser, tu étais tellement heureux. J’ai décidé donc de t’écrire et de tout t’expliquer.  Je te quitte alors que tu n’as rien vu venir, parce que je suis une bonne élève, j’ai appris de toi, j’ai tout appris avec toi. Tu devrais être fier. Le jour où le docteur  Kpuikpui m’a dit que j’étais enceinte, j’étais tellement heureuse. Tu t’imagines bien que ces dix ans de vie commune durant lesquelles je n’ai pas pu te donner un enfant ou même une fausse couche, ont été dures pour moi, alors quand il m’a dit que j’étais enceinte, je me suis presqu’évanouie dans son cabinet.
J’ai toujours pensé que j’étais stérile, je me disais que c’était prévisible. Comme tu le sais j’ai fait deux avortements et j’ai été opérée deux fois à cause de myomes dans l’utérus, j’étais donc sûre que j’étais stérile. Comme je voulais savoir vraiment pourquoi je ne te faisais pas d’enfants, nous sommes donc allés consulter le médecin, le Dr Kpuikpui, ah le Dr Kpuikpui, ton cher et tendre ami, ton médecin de famille, les examens ont révélé que je n’étais pas stérile et que toi non plus tu ne l’étais pas. Le médecin m’a encouragé à être patiente, mais j’étais convaincue que j’étais stérile, peut-être était-ce une malédiction, physiquement je n’avais aucun mal mais peut-être que depuis le ciel on me punissait parce que j’avais tué deux êtres humains. Je pleurais les deux enfants que je n’ai jamais eus tous les jours, je les imaginais en train de me juger et me punir parce que je les avais pas aimés et gardés. Mais tout ça tu le sais puisque tu étais là, tu étais là durant ces nuits blanches. Tu as été un bon mari pour moi, je l’avoue. Tu avais les mots et les actes pour calmer mes craintes et mes peurs.J’aurais dû deviner que quelque chose ne tournait pas rond le jour où je t’ai annoncé que j’étais enceinte de deux mois, j’aurais dû. Tu avais attendu cette grossesse toute ta vie et tu ne t’es même pas mis un tout petit peu en colère quand je t’ai annoncé la nouvelle au troisième mois de grossesse. Avant la joie, tu aurais pu être un peu fâché, un peu triste, je ne sais pas, j’étais sûre que tu aurais aimé aller avec moi faire le test de grossesse. Mais non, tu as juste dansé de joie et on a fait tout ce qu’un couple heureux peut faire ensemble.

Un autre fait bizarre, c’est que depuis que je me suis marié avec toi, je me sens belle chaque jour, même quand je ne m’apprête pas de façon particulière. Je veux dire plutôt que les hommes me trouvaient belle, je ne sais pourquoi. J’ai eu des dragueurs tout au long de nos dix années de mariage et des dragueurs assidus surtout. Je t’en parlais toujours, tu trouvais cela drôle, et rien de plus. Une fois tu es quand même allé jusqu’à me demander si ça m’intéresserait de coucher avec l’un d’entre eux, parce que selon toi, j’avais une façon particulière de le regarder. Bizarre. Il y a eu des grands, des courts, des noirs, des jeunes, des moins jeunes et enfin il y a eu ton frère, Pierre-Elie.
Tout a commencé le 24 Décembre de l´an passé quand tu t’es mis en colère pour une affaire de cuisse de poulet et que tu es allé dormir à l’hôtel. Affaire de cuisse de poulet, vraiment ça n’avait pas de sens, mais tu m’as quand même laissé seule toute la nuit. Et ce scenario a duré toute une année, tu étais absent, désagréable, ah, si tu savais comme je me suis sentie coupable durant tout ce temps. En ce temps-là si Satan m’avait demandé mon âme en échange d’un enfant, je crois que je la lui aurais donnée. Je pensais que tu me trompais, après j’ai su que tu ne pouvais pas me tromper et que tu ne l’avais jamais fait, certainement tu t’éloignais parce que j’étais une femme au ventre sec, une femme porte-malheur. A partir de janvier ton frère a commencé à venir régulièrement à la maison, trop régulièrement même. Il était si attentionné, j’avais l’impression de te retrouver, mais lui il était plus fou et plus drôle. Je me suis beaucoup amusée en sa compagnie. Mais je me demandais comment il faisait pour avoir autant de temps à me consacrer et comment toi tu faisais pour être aussi occupé, puisque vous faîtes le même travail, vous avez les mêmes responsabilités et en temps normal, le même nombre d’heures de travail. Mais lui il était là, toujours là, surtout quand tu n’étais pas là. Et puis il a commencé à me faire des avances, en réalité il était doux, il me faisait sentir que je lui plaisais sans jamais me faire la cour ouvertement. Finalement ses efforts ont payé, on a couché ensemble, exactement le 17 juillet. C’est arrivé, alors que tu étais en mission à Oslo, je me sentais tellement seule sans toi et comme s’il le savait, il m’a proposé ses services. Je ne sais plus si j’ai accepté, mais à la fin j’étais dans notre lit avec lui. Je me suis sentie si malheureuse après cet évènement et j’avais juré de te l’avouer à ton retour d’Oslo. J’étais prête à subir tous les  châtiments de la terre, après tout je le méritais. Et tu es arrivé le 19 Juillet, deux jours après, avec une humeur et un sourire qui m’a fait perdre toute envie de te raconter mon adultère.  Alors je me suis tue, je te retrouvais encore plus amoureux. Au fait le bijou que tu m’as rapporté est magnifique, mes copines étaient jalouses à en mourir à la vue de ces diamants splendides, mais je ne peux pas le garder, tu le trouveras sur ton bureau.  Je me suis donc tue et la vie a continué jusqu’à ce que je ressente des malaises et que j’aille me faire consulter. Dès que le médecin m’a dit que j’étais enceinte, j’ai couru à ton bureau, tu étais en réunion, alors je suis allée me cacher dans la salle d’eau, la secrétaire n’avait pas le droit de te dire que j’étais là. «C’est une surprise » je lui ai dit. Et c’est dans ton bureau, cachée dans la salle d’eau que j’ai appris que tu n’étais pas le père de mon enfant. Pour la deuxième fois de la journée, j’ai failli m’évanouir. Quand tu arrivais dans ton bureau, je t’entendais remercier ton frère pour ce qu’il avait fait pour toi, mais tu étais inquiet, par ce que je ne te parlais pas de malaise ou de grossesse depuis ton retour. Tu avais peur qu’il faille tout recommencer. Pour toi j’étais une bonne femme, une très bonne femme même, mais une femme trop difficile, aucun des hommes avec qui tu avais réussi à me mettre en contact ne m’intéressait. Tu avais tout essayé, mais rien. J’étais désespérément fidèle, comme si c’est ce que tu me demandais, toi tu voulais me donner un gosse et c’est tout. Je ne comprenais plus rien. Pendant dix ans tu avais placé tous ces hommes sur ma route pour que je couche avec l’un d’entre eux et que je tombe enceinte ? Même ton frère était un de tes pions. Avant de tirer des conclusions bizarres, il fallait que je sache. J’ai donc attendu que vous partiez, j’ai failli pousser des racines dans cette salle d’eau, tu sais, 4 heures avant que tu ne te décide à sortir de ton bureau. Je me suis dirigée directement chez notre cher et tendre médecin, je t’avais dit que je lui plaisais bien. Ça n’a donc pas été difficile d’avoir de vraies informations, un visage de chien battu, quelques menaces, un sourire triste, et il m’a tout raconté. Lui, il t’avait donné tous les conseils nécessaires, il t’avait encouragé à me dire la vérité, pour lui j’étais une femme compréhensive, je t’aimais et je pouvais te comprendre. Tu n’as jamais rien voulu savoir. En réalité depuis toujours tu sais que tu es stérile, le premier bilan de santé que ta mère t’as fait faire, lorsque tu avais 13 ans l’a montré. Tu n’allais jamais faire d’enfant. Tu as passé toute ta vie à mentir à celles que tu as rencontrées. A certaines tu as dit que tu n’étais pas prêt pour avoir un enfant, à d’autres que tu n’étais pas assez amoureux pour fonder une famille avec elles, autant de mensonges que tu as développés pour cacher ta stérilité et je suis apparue dans ta vie. Tu m’as aimé tout de suite, c’est Dr Kpuikpui qui le dit, et tu ne voulais pas me perdre. Comme tu n’arrivais pas à m’enlever cette histoire d’enfant de la tête, tu t’es imaginé que si tu réussissais à me mettre dans le lit de quelqu’un d’autre, je tomberais enceinte, et on aurait un enfant. Personne ne se douterait de rien, pas même le vrai père de l’enfant. Alors depuis le début tu savais que tu ne serais jamais le père de mon enfant.  Et tu m’as menti pendant dix ans. Finalement je me pose ou plutôt je te pose la question : Qu’est ce qui était vrai dans notre relation ? M’as-tu aimé un jour ? Pourquoi autant de mesquineries pour un enfant ? De toutes les façons tu n’auras pas l’occasion de me répondre, ça c’est sûr. Au moment où tu lis cette lettre, je suis déjà quelque part à des milliers de kilomètres de toi. J´ai réfléchi des mois durant et finalement il me fallait partir. S’il te plaît, laisse- moi faire une pause, accepte que je te quitte sans faire d’histoires et de scandales, si Dieu le veut, on se verra un jour. Pour l’enfant, ne t’inquiète pas, je saurai m’en occuper.
Je t’ai aimé.

Ta femme adorée, Prunelle.

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Dédicace de « Souvenir d´un passé récent » le 9 décembre à Bamberg

C´est un grand honneur pour nous de vous inviter à la dédicace du livre « Souvenir d´un passé récent » qui se tiendra à Bamberg le vendredi 9 décembre à partir de 18h00.

La dédicace est ouverte à tous: communauté francophone à Bamberg, étudiants et habitants deBamberg  intéressés par la culture et la litérature ivoirienne, curieux…

L´auteur David So se tiendra à votre disposition pour les questions et les dédicaces signées. Ne ratez pas cette occasion!

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